1er août 2009

L'Afrique : Tout le monde croit la connaître. certains ignorent que c'est un continent et non un pays. On ne connaît pas ses peuples, ses vrais paysages et son coeur. On la voit à genou et on imagine que ses enfants mourrants résument tout. L'Afrique, on ne la voit pas et surtout, on tient à ce qu'elle nous aveugle sur la partie de nous qui vuet bien laisser tout ça arriver, qui hisse sa position sur le coprs de l'esclavage moderne, en Afrique comme ailleurs.

       
     

26 juillet 2009

Agrandissement. Prolonger le rêve, se souvenir des dimension, de la majesté des lieux Des émotions qui les accompagnaient, aussi, et qu'on a partagées je crois. Du haut des plateaux des Semien, un peu au Nord du camp et du village de Geech, de battre mon coeur s'est arrêté, devant la magie du décors où nous avons plongé les yeux. Quelques heures avant le coucher du soleil, des rais de lumière éclairaient, à travers la couche nuageuse, de lointains villages en contre-bas, perdus à des milles de notre perchoir de rêve. À l'horizon, d'infinis champs de pics et plateaux se perdent dans le lointain. A nos pieds et derrière nous, l'herbe rase et jaunie du mois de mai donne aux montagnes une parure d'or, qui contraste avec les sombres massifs déjà plongés dans l'ombre. 3800m, et le temps, pour quelques minutes, a cessé de tourner; le silence s'est fait, comunion de bonheur face à la beauté pourtant si simple de ce spectacle. Elle est au bord du précipice, une couverture d'Éthiopian Airlines sur les épaules. Ses yeux voguent dans un paysage déjà presqu'intériorisé.

Assis sur le rebord du Monde. Nous sommes au Paradis.

je ne saurais dire pourquoi ce lieu m,a fait fondre sur place, et ma tellement marqué. J'y ai peut-être en un instant fait le point d'une vie, des élans qui nous emportent, et des pentes qu'on s'inflige. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Mais j'ai l'impression d'avoir su, là-bas, si loin déjà; d'avoir su, un peu. Entraperçu.
Toujours, en tous cas, je m'en souviendrais.

       
     

24 juillet 2009

un cadeau inattendu est arrivé au bureau de poste hier : une croix de Lalibella! une grande croix de procession en bois, faite en Éthiopie de façon clairement artisanale. La boutique en ligne "d'Addis et d'ailleurs" semble avoir choisi un créneau plutôt pointu (y a-t-il beaucoup d'amateurs d'appuie-nuque primitifs sur le réseau?), mais qui tombe à pic pour nous. Un triptique de saint Georges tuant le dragon aurait, j'avoue, été plus délicat à placer!
A mieux y regarder,cette boutique en ligne achète des objects d'artisanat à l'unité, et les propose sur la Toile; chacun n'exisite qu'en un seul exemplaire. Cela doit demander beaucoup de maintenance sur le site web, mais l'authenticité du cadeau en est toute préservée. une belle idée en somme.
Déjà cette croix aux douze apôtres est aujourd'hui accrochée aux murs blancs et encore vides de la nouvelle pièce de la maison, libéré le mois passé par notre ancien collocataire.

       
     

22 juillet 2009

Nouvelle plongée dans les photos. Envie d'écrire, sur cette Éthiopie déjà loin de nos considérations quotidiennes : travail, stress, enjeux, avenir. J'aime pourtant y revenir, timidement, par le côté, pour ne pas effrayer les sensations d'oubli de soi, de dépaysement et de transplantation de ses propres réalités. Un retour à une source plus intérieure, plus humaine, qui débalance et pourrait aussi bien faire chavirer nos instincts et nos vies. Alors, à pas feutrés, on apprivoise son souvenir, on vient y réchauffer son âme.

     

 

 

     

27 juin 2009

La carte; papier coloré incompréhensible qui attire à coup sur son regard et éteint le mien, toujours perdu.
Pire encore, mon amoureux les observes pendant des jours, y trouve de quoi à rêver, les prends même en photos, toujours avide de savoir où exactement nous sommes allés nous égarer, comme si ça avait de l’importance.
C’est ce genre de bétises qui rend l’hommes mignon, mais parfois aussi utile lorsqu’il faut se rendre quelque part. Parfois.
Je préfère le plaisir de me perdre et celui de demander au gens, qui avec la route donnent la couleur et l’accent local, ce qui importe vraiment au fond lorsqu’on part se décontextualiser.
Autant le choisir le plaisir de se perdre, autant prétendre, puisque je n’ai pas été dotée des boulons permettant l’orientation. Les lieux se dessinent dans mon imaginaire de ce que mes yeux peuvent voir et je suis surprise à chaque fois que la musicalité du nom d’une ville ne réflète que rarement l’image que je m’en était faite. Lui, il savait déjà un peu plus que moi avec sa compréhension des langues étrangères de la cartographie.
Au fond, je l’admire secrètement pour ça comme pour tant de choses. Mais bon, surtout pour le reste.

     

 

 

     

27 juin 2009

Ce site web prend forme, malgré un bug dans l'album photo et ses scripts XML. Il faudra attendre encore un peu pour en profiter. En attendant, la section "Cartes" s'est étoffée, ce qui finalement lui rend justice, comme prémisse à tout voyage.

     

 

 

     

21 juin 2009

Les photos sont classées. De 1700 clichés, on est tombé à une sélection des 150 "meilleures". Encore là, question de point de vue. Disons que celles là sont plus propices à évoquer de quoi pour les amis, la famille.
Reste maintenant à mettre tout cela en ligne, et espérer qu'elles passeront le cap du visionnage sans nos "explications". Que les clichés qui s'y trouveront parleront d'eux même, un langage peut-être obscur parfois, mais qui saura toucher un sens ou l'autre de ses obbservateurs. Qui sait?

     

 

 

     

7 juin 2009

Retour à Montréal. Passage éclair à Paris, pour la famille et les amis.
De l'Afrique? Rien à dire, tout est trop frais, les impressions et les sentiments sont encore trop vifs pour penser les disséquer vivants. Perdus dans cette profondeur d'un continent, hérissés de lassitudes et de fatigues qu'on ne comprend vraiment qu'en les ayant vécues et ressenties. Il est indélicat d'en parler, et de toutes façons rien d'autres que quelques bribes ne sortent. Les mots manquent, et c'est peut-être tant mieux ainsi.
Laissez nous mûrir : une gestation de plusieurs semaines au minimum est impérative si l'on ne veux pas tuer ces émotions dans l'oeuf. Alors patience...

     

 

 

     

15 mai 2009

Départ pour l'Éthiopie, via Paris. on oublie P&W et le CSeries pour un moment, on met le FADEC entre parenthèses pour quelques temps. On laisse mijoter, reposer, se développer les parfums de l'urgence - j'en ai assez fait ces dernières semaines, rien ne devrait brûler prendant mon absence... Au revoir le temps, je m'envole vers une autre dimension (de moi-même).

     

 

 

     

29 avril 2009

Création de cet espace d'écriture, afin de catalyser les mots et sensations qui parcourent nos journées, les deux pieds à Montréal, la tête dans l'ébullition d'un autre continent. Pour nous, pour personne. L'écriture est un besoin, un moyen pour drainer sur des lignes les pensées qui virevoltent en nos têtes. Les fixer dans le temps, non pour y revenir, mais continuer à en créér et entretenir ce processus vital qui nous tient éveillés au monde et à nous-même.

Musique, maestro! M

     

 

 

     

27 avril 2009

Nouvelle frontière, celle de l'Afrique de l'Est. Guides, cartes et matériel commencent à s'entasse dans le bureau. Billets d'avion, détour par Paris, récits, culture, histoire, vaccins, organisation, préparation : tout se met en branle pour tendre subittement vers ce but, "notre prochain col" dans cette marche à travers la vie. Oublier l'hiver québécois qui s'éternise ; polariser ses forces, les joindre, fixer l'horizon et se projeter dans un avenir sans conséquences, une simple parenthèse riche et ennivrante.
D'abord parti à l'assaut des cartes, pour qu'elles éveillent en moi l'imagerie mystique de ses noms, ses régions, ses reliefs, ses distances et ses non-sens. Puis les climats viennent jongler avec les mois, les altitudes et les saisons. Recoupement subtil de nos emplois-du-temps, de nos labeurs et des caprices du ciel d'Afrique, pour dégager soudain une direction, une fenêtre de tir et propulser nos envies tout autour de la Terre. L'Afrique, cette inconnue. Qui peut connaître l'Afrique?
Du Soudan voisin, de la Somalie, de l'Érythrée : on ne connaît que famines, guerres, massacres; les horreurs du continent noir ne répandent que tristesse dans nos journaux, et mettent en relief nos propres peur, faiblesses et préjugés. Effets catharcistiques qui justifient qu'on l'évoque, ce sang versé a pourtant la distance qui convient quand il faut se remettre à table.
Approcher cette réalité, même timidement, paraît tiraillée entre l'absurdité, l'aveuglement et l'appitoiement. Bien sûr, un voyage en Afrique reste le plus souvent un voyage hors du peuple noir, hors de ses confilts et de ses haines. Nulle prétention, aujourd'hui, d'aller répandre une aide, un avis, ni même forcément de comprendre les rouages des hommes et de leur culture. Simplement peut-être mieux s'imprégner de leur complexité, ressortir plus humble d'un tel voyage parmi les hommes. Ressortir heureux de cet éphémère contact, peut-être, avec d'autres que nous; hors de nous en tous cas. De violenter son âme sans ménager son corps, vivre et le sentir, imprimer sa trajectoire. Oui, sans cesse imprimer sa propre trajectoire. C'est ce qu'on peut souhaiter de plus durable pour une vie sur Terre.